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mercredi 24 novembre 2010

:: Comment (un militant communiste doit-il) lire ?


Un militant "est organisé dans ces recherches, dans ces études, dans ces connaissances politiques. Il devient scientifique en fait.
L'important, c'est de lier ça à la réalité, à la lutte des classes bien réels et aux luttes idéologiques de notre époque, à ce qui est dans l'air du temps, dans l'opinion publique, à ce qui est quotidien pour les travailleurs. Au bout du compte, c'est répondre à nos collègues, à leurs questions, à leurs problèmes. Et puis ne pas perdre de vue qu'on construit un parti prolétarien, qu'il faut convaincre quelques uns de nos collègues à entrer dans le militantisme. [...] Ce n'est pas uniquement un travail personnel, individuel. [...]
Faut avoir en tête de se rapprocher de nos collègues de boulot, d'élever le niveau politique de nos camarades de travail, d'être à leur écoute. Parfois, ils ont des formules très pertinentes. Parfois ce qu'ils formulent confusément, nous pouvons le formuler clairement et faire avancer les choses. Ca peut être en science, en problèmes familiaux, dans l'explication d'un conflit entre un chef et un collègue, l'explication d'une grève, de l'histoire, de l'actualité politique nationale ou internationale.
Aprés un militant ça prend grave du recul. Les grands révolutionnaires ont écrit des livres théoriques sur de nombreux sujets... philosophiques, scientifiques, historiques, économiques, politiques. Ils t'expliquent aussi bien ce qui est important comme ce qui secondaire, de moindre importance. Suivant le niveaux de conscience qu'il y a autour de nous, bah, on entraîne nos proches d'où ils sont à des stades supérieurs de compréhension de la réalité, du monde, de la nature, de l'Univers. C'est l'effet que ça me fait quand je lis Engels par exemple.
Pour en arriver là, la documentation en amont est aussi méthodique, chronologique, comme un archiviste, comme un scientifique. L'essentiel, c'est de voir le mouvement des choses qu'on étudie. Les livres, les journaux qu'on lis, on ne les lis plus n'importe comment, tout azimut, mais on planifie nos lectures, on se fixe des "programmes de documentation" sur tel ou tel sujet pour bien le maîtriser, pour bien comprendre ses mouvements internes, pour en apprendre le plus précisément à nos camarades, à nos collègues. Quand j'entends ou lis les copains, c'est cette rigueur que je perçois, que je comprends.
En fin, ce qui est claire, c'est qu'on ne fait pas trop les choses suivant notre feeling, mais plutôt : on prépare, on prend du recul. Au début, je reconnais, ça part un peu en freestyle, vu qu'on est passionné et qu'on veut tout savoir d'un coup. Au fur et à mesure, nos recherches s'affinent [...].
Et puis, faut pas oublier à expliquer les limites, ouvrir les perspectives, les mouvements à venir, futur possible, ce pourquoi on milite.
[source : jedi69]

lundi 3 novembre 2008

:: ne se faire aucune illusion sur Obama

Le monde des communications est en perpétuelle mutation, mais les illusions et toutes les formes d'obscurantisme se portent à merveille. A vrai dire, il n'y a pas de contradiction : là où le capital ne rencontre pas vraiment d'obstacles sociaux, il n'y a pas vraiment de raison que les connaissances accomplissent d'immenses progrès ou que les moyens d'informations favorisent et nourrissent une réflexion véritablement critique sur l'ordre sociale. Aussi, la gauche en France considera-t-elle avec intérêts l'opinion du cuistre Attali, les mêmes iront jusqu'à considérer Royal comme une militante en faveur du monde du travail, certains iront jusqu'à soutenir qu'il est possible de moraliser le capitalisme tout en acceptant la régle du marché, de l'exploitation et de la spéculation, etc.

Mais le plus surprenant, aujourd'hui, à mes yeux, c'est l'enthousiasme avec laquelle nombreux sont ceux qui - et dans la blogosphère en particulier - se sentent tous émoustillés par l'obamania ambiante. Alors qu'il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser : Obama est pour la peine de mort, défend le commerce libre des armes, inspire le New-York Times et BHL ; il a Sarkozy pour modèle et fait rêver Wall Street ; pire, il a trouvé le moyen de faire fantasmer le PS !... D'autres racontent même, sans rire, qu'il est "un homme de gauche, notamment par ses ambitions redistributrices sur le plan social" alors qu'il ne sera, sans doute, qu'un président soucieux, à l'instar de ces prédécesseurs -- le démocrate Clinton, par exemple, qui a privatisé les services sociaux à tour de bras --, soucieux de défendre résolument les profits du capital dans son pays comme dans le reste du monde. Quitte à alimenter des guerres dans cette perspective. Quitte à rendre le monde toujours un peu plus pourri. Imaginer le contraire, c'est prendre un produit du storytelling pour la réalité...

Je vous livre ici quelques articles qui ont le mérite de remettre Obama à sa place : du côté de ceux dont les partisans d'un monde meilleur n'ont strictement rien à attendre :