Le blog de @recriweb - "Les éléments authentiquement révolutionnaires disposent encore d'un certain délai, vraisemblablement assez bref, pour prendre conscience, pour se rassembler, pour préparer l'avenir" [Trotsky, 22 avril 1936]
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dimanche 31 mai 2015
mercredi 2 mars 2011
:: Renouer le lien entre les idées révolutionnaires et la classe ouvrière [UCI, 1987]
Notre tendance se distingue des autres, y compris des autres tendances trotskystes, par l’analyse que nous faisons des causes de la situation actuelle du mouvement révolutionnaire, et des moyens d’y remédier.Pour nous, la tâche principale aujourd’hui, pour les militants révolutionnaires, est de rétablir la liaison avec le prolétariat, de réimplanter les idées communistes révolutionnaires au sein de la classe sociale qui devrait être leur milieu naturel : la classe ouvrière. Car elles en sont tenues éloignées, malheureusement, depuis maintenant des décennies.Ce n’est pas le moindre résultat qu’ait entraîné la dégénérescence stalinienne de l’URSS et des partis communistes, que d’avoir créé une coupure profonde, physique, entre les révolutionnaires et la classe ouvrière. Autant le mouvement communiste de la Troisième Internationale avait pu naître et se développer au sein même du mouvement ouvrier de son époque et en particulier au sein des partis ouvriers sociaux-démocrates de la Seconde Internationale, autant l’Internationale Communiste devenue stalinienne réussit à mettre les révolutionnaires à l’index du mouvement ouvrier, les chassant des partis communistes et des syndicats par la menace, la calomnie, l’injure et l’assassinat.En URSS même, une génération de révolutionnaires trotskystes, celle qui était la plus riche de traditions et d’expérience, a été anéantie par la répression stalinienne. Hors d’URSS, si la répression stalinienne fut moins meurtrière, elle réussit tout de même à créer un fossé de haine et de peur entre les révolutionnaires et le mouvement ouvrier réel. Le mouvement trotskyste à ses débuts se trouva composé ainsi essentiellement d’intellectuels, souvent de valeur sans doute, mais coupés de la classe ouvrière.C’était pour la Quatrième Internationale naissante, un handicap grave, mais pas insurmontable. Mais, privée de leader véritable dès 1940 par l’assassinat de Trotsky, elle n’a pas su jusqu’à présent le surmonter. Se limitant à défendre formellement le programme trotskyste dans le milieu qui était le sien, celui de l’intelligentsia petite-bourgeoise de gauche, elle n’a non seulement pas su reprendre pied dans la classe ouvrière, elle a aussi bien souvent cédé aux tendances politiques qui agitaient ce milieu ou celui de la social-démocratie, théorisant bien souvent sa coupure d’avec les masses prolétariennes plutôt que de se donner les moyens de la surmonter.Nous sommes une tendance trotskyste qui s’est créée en réaction contre la pratique de la plupart des organisations de la Quatrième Internationale et leur incapacité générale à nouer des liens réels avec la classe ouvrière. Nous pensons que la coupure historique créée par le stalinisme reste le handicap principal que connaissent les révolutionnaires de notre époque. L’ignorer ne sert à rien. Au contraire, ils doivent en tirer toutes les conclusions et donner toute la priorité à cet objectif : l’implantation dans la classe ouvrière.Il faut pour cela non seulement en avoir la préoccupation politique, mais aussi se donner tous les moyens organisationnels pour répondre à cette tâche. Cela nécessite, en particulier, de militer pour créer des organisations réellement bolchéviques, formées de militants ayant réellement lié leur sort à celui de la classe ouvrière, ayant le souci quotidien de l’intervention politique au sein de celle-ci, et en particulier de tendre tous leurs efforts pour gagner sa confiance, et se porter à la tête de ses luttes.Nous n’avons pas la prétention d’avoir réglé ce problème ni même celle de pouvoir le régler par nos seules forces. Nous pensons seulement apporter notre contribution à l’implantation des idées révolutionnaires dans la classe ouvrière.En ce qui nous concerne, le bilan que nous avons dans ce domaine constitue pour le mouvement trotskyste un certain capital politique et organisationnel qui est, toute modestie gardée, l’un des meilleurs de l’ensemble du mouvement trotskyste. Mais ce capital, s’il n’est pas négligeable à l’échelle du mouvement trotskyste, reste bien insuffisant, nous en sommes conscients, si on le mesure à sa véritable échelle, qui est celle des tâches politiques et organisationnelles que la période actuelle implique.C’est pourquoi nous n’entendons donner de leçons à personne. Nous entendons seulement mener la discussion indispensable au sein du mouvement trotskyste et communiste révolutionnaire en général, dans lequel cela devrait être une attitude naturelle que d’accepter l’échange, le débat, de confronter le bilan de chacun. Pour notre part, c’est bien évidemment à partir du nôtre, de nos expériences, de notre intervention, que nous souhaitons l’engager, avec tous ceux qui se situent sur le terrain de l’internationalisme révolutionnaire prolétarien.
jeudi 2 décembre 2010
:: 1976 : adresse au mouvement trotskyste (par LO) + correspondance avec le le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale
POUR METTRE FIN A L'EMIETTEMENT DU MOUVEMENT TROTSKYSTE INTERNATIONAL
Cette adresse signée par Combat Ouvrier (Antilles), Spark (U.S.A.), l'Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes et Lutte Ouvrière, invitait toutes les organisations trotskystes reliées ou non à l'un des organismes internationaux existants, à une rencontre se donnant pour but la mise en place d'un cadre de discussion et de travail en commun ouvert à tout le mouvement trotskyste.
Paris, février 1976
Lutte Ouvrière (France), Spark (U.S.A.), Combat Ouvrier (Antilles), U.A.T.C.I. (Afrique)
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A la suite de l'adresse au mouvement trotskyste, publiée dans l'annexe précédente et de la proposition faite à toutes les organisations qui se réclament du trotskysme de tenir une conférence internationale, le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale nous avait fait parvenir la lettre suivante que nous publions ci-dessous, avec la réponse des quatre groupes signataires de l'adresse.
LETTRE DU SECRÉTARIAT UNIFIÉ
RÉPONSE DE L.O., C.O., U.A.T.C.I., THE SPARK
Chers camarades,
Nous avons bien reçu votre lettre en date du 9 mars et qui fait suite à la proposition que nous avions faite à toutes les organisations se réclamant du trotskysme de tenir à Paris, au mois de mars dernier, une conférence internationale exploratoire. Cette conférence, rappelons-le, avait pour but d'examiner les conditions dans lesquelles un cadre organisationnel international pourrait être mis sur pied qui permettrait à la fois de confronter les politiques et les programmes des différents groupes et des différents courants, et aussi d'établir des liens entre eux et d'élaborer d'éventuelles actions communes.
En attendant votre réponse, veuillez recevoir, chers camarades, nos salutations communistes.
Combat Ouvrier, Lutte Ouvrière, The Spark, U.A.T.C.I.
Cette adresse signée par Combat Ouvrier (Antilles), Spark (U.S.A.), l'Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes et Lutte Ouvrière, invitait toutes les organisations trotskystes reliées ou non à l'un des organismes internationaux existants, à une rencontre se donnant pour but la mise en place d'un cadre de discussion et de travail en commun ouvert à tout le mouvement trotskyste.
Près de quarante ans après la fondation de la IVe Internationale, le mouvement trotskyste est le seul à l'échelle internationale qui, sur le plan de ses références programmatiques fondamentales, se réclame de la nécessité d'une organisation et d'une politique prolétariennes indépendantes, et se donne pour but l'instauration de la dictature révolutionnaire du prolétariat.
D'autres courants qui se réclament plus ou moins explicitement de la révolution prolétarienne —en particulier les différentes variantes des groupes dits “capitalistes d'Etat”— ne se sont jamais structurés à l'échelle internationale et en ont même abandonné l'idée dans les faits. Ils ne sont jamais parvenus à élaborer une ligne politique propre, se définissant pour la plupart par rapport au courant trotskyste, dont la majorité est d'ailleurs issue.Quant aux groupes dits “maoïstes”, s'ils existent dans la quasi totalité des pays, et s'ils ont même une audience notable dans un certain nombre de pays sous-développés, ils représentent —lorsqu'ils représentent quelque chose- des courants populistes visant ouvertement à mettre la classe ouvrière à la remorque d'intérêts bourgeois. Lorsqu'elles parviennent à se développer, l'abandon explicite du terrain de classe en fait des organisations qui représentent d'autres intérêts que ceux du prolétariat.
Le fait d'avoir maintenu, au moins sur le plan des références programmatiques, la continuité politique du mouvement révolutionnaire, successivement incarnée par l'Association Internationale des Travailleurs de Marx et d'Engels, par la Deuxième
Internationale jusqu'à la Première Guerre Mondiale, par l'Internationale Communiste des années 1919-1923, puis par l'Opposition de Gauche et par la IVe Internationale fondée par Léon Trotsky ; le fait d'être le seul mouvement à l'avoir maintenue dans une période difficile, contre le réformisme classique, contre le stalinisme, contre différentes variantes du “tiers-mondisme” se parant de phrases marxistes, est certainement l'actif de loin le plus important du mouvement trotskyste international.
C'est grâce au maintien de cette filiation politique que, après des décennies d'absence d'une influence véritable du courant révolutionnaire sur le mouvement ouvrier, de nouvelles générations de révolutionnaires prolétariens peuvent être formées et éduquées.
Mais force est de constater que le mouvement trotskyste n'est pas parvenu à se donner une direction internationale vivante, compétente et efficace, et qui soit reconnue comme telle par l'ensemble des forces du mouvement trotskyste.
L'émergence d'une Internationale, d'un parti mondial de la révolution, reconnu comme direction par des fractions importantes du prolétariat lui-même, dépasse certes, pour une large part, le problème de la seule volonté ou de la compétence des organisations révolutionnaires prolétariennes. Elle ne dépend pas de la seule capacité de ces organisations à se mesurer sur le plan idéologique et pratique aux tâches de l'heure.
Par contre, la responsabilité des organisations du mouvement trotskyste est déterminante dans le fait qu'il n'existe pas même une direction internationale correspondant au niveau des possibilités et du degré de développement du mouvement. L'incapacité de maintenir l'unité organisationnelle du mouvement et l'incapacité de sélectionner une direction internationale reconnue par tous les groupes trotskystes, sont évidemment les deux aspects d'un même problème.
L'émiettement du mouvement trotskyste se manifeste par une pléthore de directions internationales concurrentes et d'audience variable ; par l'existence d'un grand nombre d'organisations trotskystes qui n'appartiennent à aucun des organismes internationaux existants; par les liens souvent formels voire fictifs à l'intérieur même de chacun de ces organismes internationaux.
Aucune organisation trotskyste responsable et soucieuse de ce que le mouvement trotskyste joue le rôle qui devrait être le sien, ne peut s'accommoder de cette division, de cette dispersion qui n'est pas motivée par une justification programmatique.
Une partie des désaccords qui existent au sein du mouvement trotskyste porte certes sur des questions d'une importance capitale. Mais c'est justement au sein d'un mouvement trotskyste capable de surmonter ses sectarismes et ses ostracismes, permettant la confrontation des idées à une large échelle, que ces analyses divergentes pourraient être valablement discutées.
C'est précisément sur l'état actuel du mouvement trotskyste, sur l'analyse des causes de son émiettement, sur un bilan critique de son évolution depuis la mort de Trotsky, qu'une telle confrontation apparaît de toute évidence d'une nécessité vitale et urgente.
Aucune proclamation, adresse ou appel unilatéral ne pourra résoudre un problème qui concerne l'ensemble du mouvement trotskyste.
Il est indispensable qu'un cadre international où une telle confrontation puisse avoir lieu, soit mis en place. Et proposer cela n'est nullement incompatible avec le fait de militer en direction d'une Internationale fonctionnant selon les règles du centralisme démocratique. Car c'est au contraire en agissant pour mettre fin à l’émiettement du mouvement trotskyste que l'on peut agir pour construire une organisation internationale centralisée et démocratique.
Cette organisation sera-t-elle créée à partir d'une des organisations internationales existantes à l'heure actuelle ? Sera-t-elle le fruit d'une restructuration plus vaste et sur d'autres bases ? La confrontation portera en particulier sur ce point sur lequel de grandes divergences séparent des organisations qui appartiennent à des organismes internationaux entre eux et d'avec celles qui n'y appartiennent pas.
Mais le point de départ de cette discussion doit être le fait incontestable qu'une organisation internationale ayant une autorité politique sur l'ensemble du mouvement trotskyste n'existe pas. Il faut y parvenir à partir de ce qui existe. Il faut construire l'organisation internationale centralisée démocratique à partir de la dispersion actuelle.
Le centralisme démocratique dans l'organisation internationale à construire ne sera pas suspendu en l'air. Il ne pourrait pas être seulement une affaire de statuts. Il exige un accord programmatique fondamental. Mais il exige aussi une confiance politique entre les groupes qui la composent et une confiance de ces groupes et de leurs militants dans la direction.
Cette confiance entre groupes, dans les directions respectives des autres, n'existe pas à l'heure actuelle. A moins qu'un des groupes soit capable de diriger des luttes significatives du prolétariat de son pays et de démontrer dans les faits qu'il mérite la confiance politique des autres, le sectarisme qui marque les relations entre organisations trotskystes à l'heure actuelle ne permettra jamais de surmonter les méfiances mutuelles.
Cette méfiance ne pourra être surmontée que par une confrontation loyale des points de vue et par une pratique commune qui, commencées dans les domaines possibles aujourd'hui, devront pouvoir s'élargir par la suite jusqu'à englober l'ensemble des activités de ces groupes.
Déplorant l'état actuel de dispersion du mouvement trotskyste et le sectarisme qui empêche d'engager des démarches pour y mettre fin, les organisations signataires ont pris l'initiative de s'adresser à l'ensemble du mouvement trotskyste, pour la mise en place d'un cadre international où puisse être discuté des voies et des moyens de créer un lieu de rencontre international au sein duquel puissent cohabiter toutes les tendances différentes du mouvement trotskyste.
Le cadre proposé par les signataires n'est pas destiné à être un organisme international supplémentaire, concurrent de ceux qui existent.
Il n'est pas non plus destiné à être un simple lieu de discussion, bien qu'il devra pouvoir pleinement jouer aussi ce rôle, en permettant de dégager les points d'accords et les points de désaccords entre groupes trotskystes participants et contribuer ainsi à la clarification indispensable au mouvement trotskyste.
Les signataires sont conscients que, pour dégager un programme politique pour la lutte révolutionnaire mondiale de notre époque, la confrontation loyale des points de vue est seulement une condition nécessaire. Au-delà, il est indispensable de pouvoir vérifier les positions de chacun à l'épreuve des luttes politiques. L'existence d'un programme adopté par l'ensemble du mouvement est liée à celle d'une direction internationale reconnue par le mouvement.
Les organisations signataires considèrent que, parallèlement à la discussion des problèmes importants du mouvement trotskyste, le cadre proposé devra examiner l'aide politique et organisationnelle que les différents groupes peuvent mutuellement s'apporter.
Il appartiendra aux groupes participants d'établir le degré de collaboration qu'ils souhaitent établir en fonction de leurs besoins et de leur capacité politique et organisationnelle.
Si, par-delà les divergences actuelles, les organisations participantes ont la volonté sérieuse d'œuvrer dans le sens d'une collaboration de plus en plus étroite ; si elles ont la préoccupation des problèmes politiques et organisationnels des autres groupes participants ; si elles font tout pour que, au-delà des rapports entre directions, des rapports de plus en plus étroits s'établissent par des échanges de militants, par la circulation de matériaux de discussion, etc…, alors pourront s'établir des relations de confiance sur laquelle il sera ultérieurement possible de fonder une discipline commune croissante ; alors seront sélectionnés et formés des dirigeants acceptés par tous.
Paris, février 1976
Lutte Ouvrière (France), Spark (U.S.A.), Combat Ouvrier (Antilles), U.A.T.C.I. (Afrique)
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A la suite de l'adresse au mouvement trotskyste, publiée dans l'annexe précédente et de la proposition faite à toutes les organisations qui se réclament du trotskysme de tenir une conférence internationale, le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale nous avait fait parvenir la lettre suivante que nous publions ci-dessous, avec la réponse des quatre groupes signataires de l'adresse.
LETTRE DU SECRÉTARIAT UNIFIÉ
Chers camarades,
Nous avons reçu votre lettre circulaire du 10 février 1976. A notre avis, elle soulève deux problèmes différents.
La réunion du 14 mars 1976 concerne manifestement les groupements qui ne font pas partie d'une organisation internationale effective. Quelles que soient les faiblesses de la IVe Internationale en tant qu'organisation — faiblesses dont nous sommes conscients — la IVe Internationale existe, vit, se développe. Il n'y a donc aucune raison pour nous de participer à une réunion exploratoire avec des camarades qui semblent vouloir s'obstiner à nier ce fait évident.
Par contre, les préoccupations que reflète votre déclaration : "Pour mettre fin à l'émiettement du mouvement trotskyste international", correspondent aux nôtres. Quand vous regrettez "l'incapacité de maintenir l'unité organisationnelle du mouvement", nous le constatons comme vous. Quand vous ajoutez "l'incapacité de sélectionner une direction internationale reconnue par tous les groupes trotskystes", et l'existence d'une "pléthore de directions internationales concurrentes et d'audience variable", nous nous permettons deux remarques.
D'abord, même à l'époque de Trotsky, il n'a pas été possible de réunir tous les groupes qui se référaient au marxisme-révolutionnaire, alors que son autorité politique et morale était immense. Ne visons donc pas une unanimité impossible et qui pourrait apparaître comme un prétexte pour éviter de saisir la possibilité de mettre un terme aux dispersions inutiles.
Ensuite, c'est pour le moins faire preuve d'irréalisme que de mettre sur le même pied des "directions internationales" qui ne représentent qu'une poignée d'organisations nationales, auxquelles on peut tout au plus adjoindre quelques groupuscules insignifiants, et la IVe Internationale qui est présente dans plus de cinquante pays, qui regroupe des milliers de militants, manifestement la majorité des trotskystes à l'échelle mondiale. Elle a réussi à maintenir son unité organisationnelle internationale malgré —ou ne faudrait-il pas plutôt dire en fonction— des discussions politiques franches et passionnées dans ses rangs, menées dans le respect plein et entier de la démocratie prolétarienne, du droit de tendances, du refus d'interdire les fractions, et de la décision de mener certains débats sur des questions importantes de façon publique. Certes, il y a là une évolution par rapport à quelques épisodes de l'histoire antérieure du mouvement trotskyste international, évolution qui résulte précisément du renforcement de la IVe Internationale. Il y a aussi un processus d'apprentissage qui est en cours, sur lequel la discussion est possible et nécessaire et que nous ne prétendons ériger en modèle définitif ou idéal.
Nous sommes pleinement d'accord avec vous lorsque vous écrivez : "Une partie des désaccords qui existent au sein du mouvement trotskyste porte certes sur des questions d'une importance capitale. Mais c'est justement au sein d'un mouvement trotskyste capable de surmonter ses sectarismes et ses ostracismes, permettant la confrontation des idées à une large échelle, que ces analyses divergentes pourraient être réellement discutées".
Il en découle une conclusion évidente, c'est que le refus du maintien d'un cadre organisationnel commun est précisément le fond du sectarisme et de l'ostracisme organisationnel qui nous a fait tant de mal dans le passé et qui, aujourd'hui encore, provoque des dispersions sans justification principielle, car subordonnant l'accord programmatique à des divergences de tactique ou d'analyse conjoncturelles. Ceci sans vouloir diminuer l'importance des divergences politiques réelles qui existent aujourd'hui entre les groupes qui se réfèrent au trotskysme, même si quelquefois dans la pratique politique quotidienne, ces divergences sont moins accentuées que dans les polémiques fractionnelles à résonnance sectaire.
A notre avis, la question à laquelle tout groupe se référant au trotskysme doit répondre est la suivante : sa cohabitation avec la majorité sinon la quasi totalité des trotskystes est-elle oui ou non possible, à l'échelle nationale ou internationale, sur la base du centralisme démocratique, même lorsqu'il estime qu'il sera momentanément ou longtemps une tendance minoritaire, pourvu qu'il jouisse de tous les droits pour défendre ses positions propres à l'intérieur de l'organisation et occasionnellement, à des moments de discussion préparatoire à un congrès, même publiquement ? Est-il prêt à s'engager tout de suite dans des actions publiques communes qui constituent un test pratique de cette possibilité?.
Répondre "non" à cette question, c'est rendre la dispersion inévitable. Espérer l'unanimité politique, c'est évidemment utopique. D'ailleurs, plus le mouvement croîtra, plus se multiplieront les divergences tactiques et analytiques, au moins périodiquement. Plus il sera implanté dans la classe ouvrière et plus il sera soumis à des pressions contradictoires, liées au développement inégal de la lutte de classe à l'échelle internationale et même nationale.
Répondre "oui" à cette question c'est se prononcer en faveur d'un processus d'unification national et international sur la base du centralisme démocratique, processus que nous avons entamé en 1963 qui n'est point achevé, que nous cherchons à poursuivre et qui implique en tout cas que le centralisme démocratique s'applique à l'échelle internationale d'une autre manière qu'à l'échelle nationale, comme le précise nos statuts qui excluent la possibilité pour des congrès ou des directions internationales de modifier administrativement la composition des directions nationales ou de déterminer la tactique de sections nationales.
Nous sommes disponibles pour toute initiative qui cherche à étendre et à compléter ce processus d'unification. Nous sommes prêts à rencontrer une délégation de vos quatre organisations en vue de discuter de telles initiatives pratiques. Nous sommes évidemment opposés à toute initiative qui, sous prétexte de "discussions" ou de "regroupements", cherche à provoquer de nouvelles scissions.
A notre avis, une "large discussion politique" n'est pas nécessaire pour se prononcer sur cette question essentielle. Les cadres trotskystes sont parfaitement informés des divergences politiques existantes au sein du mouvement.
Une nouvelle discussion ne dévoilera rien d'inconnu. Cependant, nous ne mettons aucun veto de principe contre une discussion, mais pour nous l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est de se prononcer sur la possibilité d'un cadre organisationnel commun malgré les divergences parfaitement connues, et de préciser à quelles conditions c'est possible pour chaque groupe. Pour nous, ce débat est urgent et vital. Nous y défendrons la position défendue avec acharnement par Léon Trotsky entre 1933 et 1940: contre toute formule de "regroupement" international à la Bureau de Londres, fondé en fait sur la règle de l'unanimité et conduisant à la paralysie et l'abstention totales en ce qui concerne l'action internationale ; pour un renforcement de la IVe Internationale, non seulement politiquement, mais aussi en tant qu'organisation.
L'idée de discuter un projet de programme parmi tous ceux qui se réfèrent au marxisme révolutionnaire nous semble par ailleurs fort utile. Nous nous permettons cependant de signaler que la construction d'une organisation internationale qui soit, plus qu'une simple fédération de groupes nationaux, et d'une organisation internationale qui se construit parallèlement et conjointement aux organisations nationales, et pour nous partie intégrante du programme, reflet du caractère objectif de la lutte de classe, de la révolution sociale à l'époque impérialiste. Quiconque n'accepte pas cela, tombe tôt ou tard dans les travers de la pratique "national-trotskyste", qui aboutit tôt ou tard à des déviations politiques "national-trotskyste".
En attendant votre réponse, nous vous envoyons nos salutations communistes.
Secrétariat Unifié de la IVe Internationale
Bruxelles, le 9 mars 1976
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Chers camarades,
Nous avons bien reçu votre lettre en date du 9 mars et qui fait suite à la proposition que nous avions faite à toutes les organisations se réclamant du trotskysme de tenir à Paris, au mois de mars dernier, une conférence internationale exploratoire. Cette conférence, rappelons-le, avait pour but d'examiner les conditions dans lesquelles un cadre organisationnel international pourrait être mis sur pied qui permettrait à la fois de confronter les politiques et les programmes des différents groupes et des différents courants, et aussi d'établir des liens entre eux et d'élaborer d'éventuelles actions communes.
Votre lettre nous semble parfaitement mettre en lumière nos divergences sur la situation actuelle du mouvement trotskyste à l'échelle internationale, comme nos divergences sur la méthode proposée pour surmonter cette situation, et parvenir un jour à créer une véritable Quatrième Internationale.
La seule chose que vous offrez en substance, en effet, aux groupes et aux courants trotskystes qui ne sont pas affiliés à votre organisation internationale, c'est d'y adhérer. Comme si cela pouvait suffire à surmonter la situation actuelle du mouvement trotskyste. Il est vrai que vous trouvez peut-être celle-ci satisfaisante. Tant mieux pour vous dans ce cas-là. Mais nous pensons quant à nous qu'une direction internationale qui se bouche les yeux devant la réalité et les problèmes n'en est pas une.
Nous proposons à l'ensemble du mouvement trotskyste de travailler à la mise en place d'un cadre permanent de discussion, de confrontation, et de collaboration. Vous nous répondez : "A notre avis, la question à laquelle tout groupe se référant au trotskysme doit répondre est la suivante : sa cohabitation avec la majorité sinon la quasi totalité des trotskystes est-elle oui ou non possible, à l'échelle nationale ou internationale, sur la base du centralisme démocratique, même lorsqu'il estime qu'il sera momentanément pu longtemps une tendance minoritaire, pourvu qu'il jouisse de tous les droits pour défendre ses positions propres à l'intérieur de l'organisation et occasionnellement, à des moments de discussion préparatoires à un congrès, même publiquement? Est-il prêt à s'engager tout de suite, dans des actions publiques communes qui constituent un test pratique de cette possibilité ?".
Disons tout de suite que nous sommes, pour notre part, prêts, à tout moment, à mener des actions communes avec les autres groupes trotskystes, quelles que puissent être par ailleurs nos divergences avec eux. Les seules conditions qui nous semblent devoir être mises pour de telles actions sont que celles-ci soient entreprises sur des bases et un accord politiques clairs et qu'elles correspondent aux possibilités organisationnelles des groupes.
Mais c'est justement l'absence de liens internationaux, et l'absence d'un cadre organisationnel qui permettrait d'élaborer de telles actions, qui les rend actuellement, dans les faits, impossibles. Quelles actions publiques communes y a-t-il eu ces dernières années à l'échelle internationale, entre groupes trotskystes de courants différents ? Comment dans ces conditions un test pour vérifier si la cohabitation dans une même organisation internationale est possible ou non, pourrait-il donc être tenté ?
Votre réponse tourne donc le dos au vrai problème, précisément parce que vous vous obstinez à défendre le mythe d'une Quatrième Internationale actuellement existante qui serait votre organisation.
La réalité, c'est que, à l'heure actuelle, le mouvement trotskyste est dispersé, et même émietté. Même s'il est le plus important numériquement, le Secrétariat Unifié ne constitue que l'un des regroupements trotskystes internationaux. De nombreux groupes trotskystes —et des plus importants, comme le W.R.P. en Grande-Bretagne, l'O.C.I. et Lutte Ouvrière en France, par exemple— soient restent à l'écard, soit animent leur propre regroupement international. Et dans le cas des groupes qui adhèrent au Secrétariat Unifié, cette adhésion est plus formelle que réelle. La situation qui existe actuellement au sein de votre organisation internationale, avec la multiplication des scissions d'organisations nationales suivant la ligne de partage des divergences qui existent au sein du Secrétariat Unifié, et la prolifération des "groupes sympathisants" résultant de ces scissions, dément, dans les faits, toutes vos prétentions à fonctionner comme une organisation internationale centraliste démocratique.
La dispersion, l'émiettement du mouvement trotskyste, est un fait que personne ne peut nier. Le problème, c'est celui de comment dépasser et surmonter cette dispersion. On peut, bien sûr, nier le problème. C'est l'attitude de quelques-uns. Ils le font en général en déniant la qualité de trotskyste à tous les autres. Le Secrétariat Unifié, si nous comprenons bien, ne veut pas adopter cette attitude sectaire et aberrante.
Mais c'est pourtant une autre manière d'éluder le problème que d'y répondre simplement en disant "rejoignez le Secrétariat Unifié", ce que vous faites en substance dans votre lettre. C'est éluder le problème car c'est le supposer résolu.
Notre but, le but de tout trotskyste, est effectivement de construire une Quatrième Internationale, un parti mondial de la révolution fonctionnant sur les bases du centralisme démocratique. Mais cela reste le but à atteindre. Et il ne suffit pas, et il ne suffira pas de proclamations pour qu'il soit atteint.
Pour avoir un tel parti, il faut d'une part que les différentes sections nationales qui le composent aient des bases politiques communes, c'est-à-dire aient dégagé dans la lutte un programme et une pratique politiques communs, et d'autre part qu'existé une direction internationale reconnue comme telle par les différentes sections.
Ce sont justement les deux choses qui manquent aujourd'hui. C'est ce qui explique l'état de dispersion du mouvement.
Et parce qu'elles manquent un regroupement du mouvement trotskyste sur la base du centralisme démocratique tout de suite, est impossible. Au mieux une organisation internationale fonctionnant sur la base du centralisme démocratique ne peut que regrouper une minorité des groupes trotskystes, ceux qui ont eu l'occasion de travailler ensemble de se connaître et d'apprécier une direction.
Et le Secrétariat Unifié ne constitue même pas une telle organisation, car il ne fonctionne pas, réellement, sur la base du centralisme démocratique. Ses sections les plus puissantes ne continuent d'y cohabiter que parce qu'elles ont gardé, dans les faits, une autonomie presque complète, allant jusqu'à construire chacune leur propre regroupement international, leurs divergences éclatant au grand jour par l'éclatement des sections nationales plus petites qu'elles entraînent.
Cela ressort clairement, non seulement des faits, mais également de votre propre lettre.
Vous prétendez que votre organisation est régie par le centralisme démocratique. Et pourtant vous écrivez vous-mêmes que "le centralisme démocratique s'applique à l'échelle internationale d'une autre manière qu'à l'échelle nationale, comme le précisent nos statuts qui excluent la possibilité pour des congrès ou des directions internationales de modifier administrativement la composition des directions nationales ou de déterminer la tactique de sections nationales".
Qu'est-ce qu'une direction internationale qui ne peut pas déterminer la tactique des sections nationales ? En quoi mérite-t-elle le nom de direction ? En quoi en est-elle une ?
Bien entendu, nous ne reprochons nullement au Secrétariat Unifié d'admettre ainsi ses limites et de reconnaître dans les faits que, pour l'instant, il n'existe pas de direction internationale trotskyste. Mais que signifie d'autre ce passage de vos propres statuts sinon que les différentes sections nationales qui composent le Secrétariat Unifié sont à ce point méfiantes qu'elles ont codifié cette méfiance ou qu'elles demandent d'avance à la direction internationale de se déclarer sans pouvoir ? Et que signifie cela sinon que vous ne fonctionnez justement pas dans les faits de la manière dont vous prétendez le faire en théorie ?
N'est-il pas notoire que dans plusieurs pays il y ait en fait plusieurs groupes qui se déclarent section du Secrétariat Unifié, ou section sympathisante, et qui mènent dans le même pays des politiques contradictoires ? N'est-il pas vrai que les divergences qui divisent les tendances du Secrétariat Unifié s'expriment publiquement dans la presse de chacune d'elles y compris en dehors des périodes préparatoires à un congrès ? Que reste-t-il dans tout cela du centralisme démocratique, tel que vous-mêmes le concevez et le définissez ?
Comprenez-nous bien. Nous ne vous reprochons nullement les discussions publiques entre vos différentes tendances. Si nous avions un reproche à vous faire sur ce plan, ce serait plutôt d'avoir si longtemps prétendu imposer une unanimité de façade. Nous ne reprochons nullement au Secrétariat Unifié de maintenir des liens organisationnels entre des groupes qui ont de profondes divergences entre eux ou des organisations qui dans la pratique mènent des politiques différentes sinon opposées. Si nous vous reprochions quelque chose là, c'est d'avoir bien trop souvent dans le passé recouru à la scission ou à l'exclusion pour résoudre des divergences politiques.
Mais ce que nous vous reprochons c'est d'avoir une pratique d'un côté et des principes de l'autre. Nous vous reprochons de ne pas tirer les choses au clair, de ne pas reconnaître ouvertement la réalité, de maintenir une fiction. Et cette fiction est nuisible à l'ensemble du mouvement trotskyste. Ne serait-ce que parce qu'elle l'empêche de faire le point et le bilan. Et, pour qu'il n'y ait pas de malentendu, nous tenons à dire que nous pensons qu'il y a à ce bilan bien des choses positives, que le mouvement trotskyste, qui s'est maintenu contre vents et marées durant quarante ans de reflux du mouvement ouvrier révolutionnaire, peut mettre à son actif.
A quoi peut bien servir cette fiction d'une Quatrième Internationale centraliste démocratique, qui est pour l'instant encore bien au-dessus de nos moyens, à nous mouvement trotskyste international ? Dans le moins mauvais des cas à se jeter de la poudre aux yeux. Dans le pire à justifier le sectarisme, les ostracismes, les exclusions, et par là à empêcher certaines confrontations politiques mais aussi une certaine collaboration politique à l'échelle internationale.
Alors à notre tour de vous poser une question. Le Secrétariat Unifié est-il prêt — quels que soient par ailleurs les liens organisationnels qu'il maintienne entre les groupes qui le compose— à œuvrer pour aider à la fois à la confrontation des programmes et des politiques des différentes organisations qui se réclament du trotskysme et dans le même temps à l'élaboration des actions communes et la mise au point de l'aide politique mutuelle que ces organisations pourraient s'apporter ?
Répondre "oui" à cette question, c'est se dire d'accord pour mettre sur pied un cadre organisationnel international qui, sans prétendre être la Quatrième Internationale ni fonctionner sur la base du centralisme démocratique permettrait rétablissement de liens solides entre les groupes. C'est ce que nous proposions d'examiner en convoquant la conférence internationale de mars. Une nouvelle conférence doit avoir lieu en juin.
Le contenu de votre lettre, de même que le veto que le Secrétariat Unifié a mis à la participation des groupes qui lui sont liés à la dernière conférence semble signifier que vous répondez "non" à cette question. Cela semble signifier que le Secrétariat Unifié n'envisage des contacts réguliers et un travail qu'avec les groupes qui y adhèrent. Auquel cas cela signifie que vous entendez vous contenter de la situation actuelle du mouvement trotskyste et que vous vous refusez à examiner sérieusement la question de comment la dépasser et la surmonter.
De toute manière nous sommes persuadés que le mouvement trotskyste devra bien un jour ou l'autre examiner sérieusement la question que nous vous posons aujourd'hui. Evidemment le plus tôt serait le mieux. De même que le mieux serait que les groupes les plus représentatifs, donc parmi eux ceux composant le Secrétariat Unifié, s'attellent à la tâche.
En attendant votre réponse, veuillez recevoir, chers camarades, nos salutations communistes.
Combat Ouvrier, Lutte Ouvrière, The Spark, U.A.T.C.I.
vendredi 3 septembre 2010
:: Le 3 septembre 1938 : proclamation de la quatrième Internationale
Ci-dessous, trois textes.
Le dernier chapitre du « Programme de Transition », rédigé par Trotsky début 1938, et qui fût le « Manifeste » de la nouvelle Internationale.
Le dernier chapitre du « Programme de Transition », rédigé par Trotsky début 1938, et qui fût le « Manifeste » de la nouvelle Internationale.
Sous le drapeau de la IVe InternationaleDes sceptiques demandent : mais le moment est-il venu de créer une nouvelle Internationale ? Il est impossible, disent-ils de créer une Internationale « artificiellement »; seuls, de grands événements peuvent la faire surgir, etc. Toutes ces objections démontrent seulement que des sceptiques ne sont pas bons à créer une nouvelle Internationale. En général, ils ne sont bons à rien.La IVe Internationale est déjà surgie de grands événements : les plus grandes défaites du prolétariat dans l'Histoire. La cause de ces défaites, c'est la dégénérescence et la trahison de la vieille direction. La lutte des classes ne tolère pas d'interruption. La Troisième Internationale, après la Deuxième, est morte pour la révolution. Vive la IVe Internationale !
Mais les sceptiques ne se taisent pas : « Est-ce déjà le moment de la proclamer maintenant ? » La IVe Internationale, répondons-nous, n'a pas besoin d'être « proclamée ». ELLE EXISTE ET ELLE LUTTE. Elle est faible ? Oui, ses rangs sont encore peu nombreux, car elle est encore jeune. Ce sont, jusqu'à maintenant, surtout des cadres. Mais ces cadres sont le seul gage de l'avenir. En dehors de ces cadres, il n'existe pas, sur cette planète, un seul courant révolutionnaire qui mérite réellement ce nom. Si notre Internationale est encore faible en nombre, elle est forte par la doctrine, le programme, la tradition, la trempe incomparable de ses cadres. Que celui qui ne voit pas cela aujourd'hui reste à l'écart. Demain, ce sera plus visible.
La IVe Internationale jouit dès maintenant de la haine méritée des staliniens, des sociaux-démocrates, des libéraux bourgeois et des fascistes. Elle n'a ni ne peut avoir place dans aucun des Fronts populaires. Elle s'oppose irréductiblement à tous les groupements politiques liés à la bourgeoisie. Sa tâche, c'est de renverser la domination du capital. Son but, c'est le socialisme. Sa méthode, c'est la révolution prolétarienne.
Sans démocratie intérieure, il n'y a pas d'éducation révolutionnaire. Sans discipline, il n'y a pas d'action révolutionnaire. Le régime intérieur de la IVe Internationale est fondé sur les principes du centralisme démocratique : liberté complète dans la discussion, unité complète dans l'action.
La crise actuelle de la civilisation humaine est la crise de la direction du prolétariat. Les ouvriers avancés réunis au sein de la IV° Internationale montrent à leur classe la voie pour sortir de la crise. Ils lui proposent un programme fondé sur l'expérience internationale de la lutte émancipatrice du prolétariat et de tous les opprimés du monde. Ils lui proposent un drapeau que ne souille aucune tache.
Ouvriers et ouvrières de tous les pays, rangez-vous sous le drapeau de la Quatrième Internationale !
C'est le drapeau de votre victoire prochaine !
Extrait de La Lutte de classe n°30 (juillet 1975) :
Reconstruire la quatrième internationale
Rappeler les conditions extraordinairement difficiles dans lesquelles naquit et se développa l’Opposition de Gauche, puis la IVe Internationale, ne suffit pas à expliquer son isolement persistant. Le poids des conditions historiques est considérable, mais les révolutionnaires ne peuvent s’en servir comme alibi. Le fatalisme est à l’opposé de la pensée militante.
Isolée à sa fondation à cause des conditions objectives, la IVe Internationale n’existait, selon le mot de Trotsky lui-même, que comme « avant-garde de l’avant-garde ». En 1938, l’Internationale était proclamée, mais ses sections n’avaient, dans la plupart des cas, qu’une existence embryonnaire. Sa force était dans l’avenir, elle donnait aux futurs cadres du mouvement ouvrier un programme et un espoir, elle assurait, en la personne de Léon Trotsky, le lien vivant avec le passé révolutionnaire et la tradition bolchevique. L’Internationale décapitée par l’assassinat de Trotsky pouvait et devait survivre, mais il fallait donner chair et vie au programme. Il fallait que les sections se consacrent en priorité, et c’était ce préalable qui conditionnait tout le reste, à la construction d’organisations en contact réel et suffisamment important avec la classe ouvrière.
En fait, les organisations trotskystes officielles allaient se révéler incapables de se lier aux masses. Non parce qu’elles se réclamaient du trotskysme, mais parce que leur pratique organisationnelle, leur conception même du travail nécessaire, était étrangère aux traditions révolutionnaires du bolchevisme, leur composition petite-bourgeoise, circonstancielle et même inévitable à une époque donnée, allait devenir un élément permanent, caractérisant la nature de ces organisations.
Ce comportement, cette pratique organisationnelle ont marqué l’activité et les méthodes de travail, aussi bien dans la construction des organisations nationales qu’internationales.
Cela s’est traduit par une activité essentiellement proclamatoire. Plusieurs organisations aujourd’hui revendiquent le titre de IVe Internationale sans qu’aucune ne se posé réellement le problème de sa construction. A quoi bon puisqu’elles sont la IVe Internationale. Pourtant, s’il fallait une preuve que cette Internationale n’existe pas aujourd’hui, qu’il nous faut oeuvrer à la constituer dans les faits, on la trouverait dans l’éparpillement même du mouvement trotskyste en plusieurs tendances rivales. C’est la preuve même qu’il n’existe nulle part une véritable direction internationale, éprouvée, sélectionnée dans la lutte, jouissant d’un capital de confiance suffisant auprès de l’ensemble’ des militants pour disposer de l’autorité nécessaire.
Mais cela n’empêche pas les organisations qui s’intitulent IVe Internationale de se donner un mode de fonctionnement complètement inadapté à ce qu’elles sont réellement, et qu’elles justifient en se présentant comme des directions réelles du prolétariat international.
Ces règles de fonctionnement vidées de tout contenu, deviennent alors des recettes mécaniquement appliquées, qui servent à masquer la réalité du mouvement trotskyste officiel, mais qui, en aucune façon, ne le transforme en mouvement réel. Il ne s’agit pas de nier la valeur des principes. Mais les principes seuls sont insuffisants. Ainsi, par exemple, les organisations qui se sont proclamées « IVe Internationale » ont un mode de fonctionnement aujourd’hui, qui découle, prétendent-elles, des principes du centralisme démocratique. C’est-à-dire qu’elles imposent aux différentes sections qu’elles se soumettent aux décisions de la majorité.
C’est certes une règle indispensable pour qu’existe une direction digne de ce nom, capable de jouer pleinement son rôle. Mais la règle ne suffit pas pour qu’existe cette direction. Le fait de se réclamer du centralisme démocratique n’a en lui-même, aucun pouvoir créateur, le centralisme démocratique est au contraire une création vivante du développement organisationnel et politique d’un groupe. S’il en indique l’architecture générale et les proportions, il ne saurait être le ciment de l’organisation. Le ciment, c’est l’indispensable confiance que les militants manifestent entre eux et surtout vis-à-vis de leur direction. Le centralisme démocratique, la discipline qui en découle, ne peuvent exister sur des bases purement juridiques. Car pour qu’une minorité accepte de se plier, aux règles de discipline générale, aux décisions de la majorité encore faut-il qu’elle ait un minimum de confiance dans cette majorité. Aucun statut n’institue cette confiance Elle se gagne et elle se perd.
Or la formation d’une direction compétente n’est pas le produit d’un règlement. Elle est le fruit de luttes, d’expériences, de vérifications multiples. Son autorité trouve son fondement dans la justesse de la ligne politique suivie, c’est-à-dire, en dernière analyse, dans sa compétence. C’est ainsi que la direction bolchevique avait réussi à acquérir l’autorité qui fut la sienne au lendemain de la Révolution Russe, sur l’ensemble du mouvement communiste, non pas dans les statuts, tout formels à ses débuts, de la IIIe Internationale, mais dans sa capacité de mener le prolétariat russe à la victoire en 1917. C’est cette référence concrète qui. devait asseoir l’autorité de la direction du parti bolchevik sur l’ensemble de l’Internationale.
Le mouvement trotskyste, dans la période actuelle, est loin de disposer d’un tel capital, et aucune section nationale n’en dispose, ne serait-ce que partiellement. Il ne faut pas chercher plus loin l’explication de son éclatement en de multiples tendances. Quelle « minorité » accepterait la loi absolue d’une majorité dont elle ne reconnaît pas la compétence ? Chacune des tendances préfère alors scissionner et fonder sa propre organisation, au sein de laquelle elle sera soumise à sa discipline propre.
En fin de compte, la référence mécanique au centralisme démocratique, loin d’être un instrument d’efficacité, devient dans ces conditions au contraire un instrument bureaucratique destiné. à empêcher que les débats puissent avoir lieu au sin de l’organisation. Ce n’est pas un facteur de cohésion, mais un élément de division.
Certes il ne s’agit pas pour nous de reprocher aux organisations qui se réclament du trotskysme, et nous-mêmes en faisons partie, leur faiblesse numérique, ni de renoncer, à cause d’elle, à une organisation internationale des communistes révolutionnaires. Nous pensons au contraire qu’il faut construire l’Internationale, et que cette Internationale ne peut être construite que sur la base du programme trotskyste, sur les bases du programme de fondation de la IVe Internationale.
Mais pour ce faire, il faut en finir avec les illusions, avec les rodomontades et avec le bluff qui ne sont qu’un aspect des moers et des pratiques organisationnelles petites-bourgeoises. La Quatrième Internationale n’existe plus organisationnellement. C’est un fait qu’il faut reconnaître ouvertement. Cela signifie qu’il faut la reconstruire. Et pour cela, il ne s’agit pas d’abandonner tout travail international, mais au contraire faire ce travail au niveau des hommes et des organisations tels qu’ils existent aujourd’hui.
A l’heure actuelle, seule aurait un sens, parce qu’elle permettrait de travailler plus efficacement à la reconstruction de la IVe Internationale, une organisation internationale reconnaissant le droit de fraction, admettant en son sein toutes les organisations se réclamant du trotskysme, même s’il y en a plusieurs dans un même pays, une direction qui ne se prétendrait pas « direction internationale » parce qu’elle ne le serait pas, mais qui serait le lieu de confrontation pour tous les militants qui combattent sous le drapeau de la IVe Internationale.
C’est au sein d’une telle organisation, à travers une telle confrontation, que pourrait se qualifier et se sélectionner peu à peu une direction internationale reconnue. C’est ainsi que pourrait se forger une organisation internationale pour laquelle le centralisme démocratique ne serait pas une simple prétention, mais serait une réalité.
Ces propositions, nous les avons défendues publiquement à maintes reprises. A chaque fois que l’occasion s’en est présentée, nous avons fait des propositions en ce sens. C’est ainsi par exemple que nous posions le problème lors des pourparlers qui eurent lieu entre Lutte Ouvrière et la Ligue Communiste en 1972. Elles se sont à chaque fois heurtées à une fin de non-recevoir, plus ou moins ouverte.
En faisant de telles propositions, cela ne signifiait nullement, encore une fois, que nous renoncions à une Internationale centralisée, nécessaire état-major de la révolution mondiale. Mais nous pensions, et nous continuons à penser, que ce n’est pas en se fondant sur des fictions, sur des faux-semblants, sur une apparence de direction que nous pourrons un jour donner corps à cette direction véritable.
La Quatrième Internationale n’existe plus. Mais le trotskysme n’a pas fait faillite. Et le fait que, près de soixante ans après la Révolution Russe, ce soit la seule tendance qui existe à l’échelle internationale en est la meilleure preuve.
Mais pour que cette reconstruction devienne possible, il faut savoir faire en toute lucidité le bilan, sans concession, sans faiblesse, sans accommodement diplomatique et complaisant avec la réalité, de l’histoire du mouvement trotskyste. Il faut rompre avec les moers et les méthodes actuelles. Ce n’est qu’à ce prix que peut commencer cette oeuvre de reconstruction. Mais y renoncer serait renoncer à faire lucidement ce bilan, ce serait renoncer à la reconstruction de la Quatrième Internationale, et en même temps renoncer à la perspective de la révolution.
Extrait du l'exposé du Cercle Léon Trotsky n° 27 du 30 septembre 1988 :
50 ans après la fondation de la IVe Internationale. Quelles perspectives pour les militants révolutionnaires internationalistes ?
50 ans après la fondation de la IVe Internationale. Quelles perspectives pour les militants révolutionnaires internationalistes ?
C'est à nous, trotskystes, tels que nous sommes, autant que nous sommes aujourd'hui, que revient la tâche de faire retraverser aux vieilles expériences révolutionnaires, c'est-à-dire au savoir-faire prolétarien et internationaliste, le no-man's land entre les générations militantes, pour permettre enfin au mouvement ouvrier mondial de redémarrer sur des bases politiques supérieures à celles des années 30.
Une gageure ? Oui, sans doute. Comme toutes les entreprises humaines qui valent la peine qu'on se batte pour elles. Mais une gageure en effet. Car cet héritage politique que nous a légué Trotsky avant son assassinat et dans lequel les différents groupes trotskystes ont puisé plus ou moins partiellement, n'est pas simplement une doctrine ou un programme de formules toutes faites à adapter au goût du jour.
Le bolchévisme, disait Trotsky pour son propre compte, «n'est pas une doctrine, mais un système d'éducation révolutionnaire pour l'accomplissement de la révolution prolétarienne ». Nous pouvons en dire tout autant du trotskysme.
Et toute la question est là : nous, les trotskystes, aurons-nous la volonté, l'âpreté, l'audace intellectuelle et politique et l'acharnement humain pour retrouver, pour réinventer dans l'action militante et l'action révolutionnaire, ce système d'éducation révolutionnaire dont parlait Trotsky, afin de le communiquer à toute la génération combattante qui surgit aujourd'hui dans les rangs des opprimés ?
Un défi à relever
Voilà le défi que nous, révolutionnaires internationalistes actuels, avons à relever : enflammer pour nos idées internationalistes toute cette génération combattante, qui malgré l'épreuve de l'histoire et des révolutions nationales fourvoyées, a acquis artificiellement une nouvelle tradition selon laquelle le nationalisme serait progressif.
Du temps des IIe et IIIe Internationales, l'internationalisme, comme la conscience de classe, c'étaient les organisations ouvrières qui le véhiculaient. Aujourd'hui, ce sont les conditions techniques et économiques de l'impérialisme qui rendent la nécessité du combat internationaliste plus évidente que jamais. Mais plus que jamais aussi, il est rejeté par les appareils militaires ou bureaucratiques qui encadrent les masses ou se précipitent à leur tête.
En fait, le problème n'est pas tout-à-fait nouveau. Lénine aussi, en son temps, bien avant 1917, avant 1905, dut combattre la politique de ces «libéraux armés de bombes», comme il disait, de ces militants étrangers au prolétariat même si pour se mettre au goût de l'époque ils s'intitulaient socialistes-révolutionnaires, et qui voulaient faire le bonheur du peuple malgré lui.
Aujourd'hui, là précisément où la révolution est à l'ordre du jour dans bien des pays du monde, nous avons à combattre la politique des mêmes libéraux bourgeois, non seulement armés de bombes, mais disposant désormais de petits appareils militaires et bureaucratiques, et surtout, surtout, y compris quand ils ne disposent pas encore de tels appareils, d'un savoir-faire dans l'art d'encadrer les masses et l'art d'en prendre la direction sans craindre qu'elles les débordent.
Notre tâche, c'est d'acquérir le savoir-faire inverse. «L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes». C'est cette conviction profonde qui doit guider nos interventions politiques et militantes. Partout où nous sommes. En quelques circonstances que ce soit, y compris au cours des luttes les plus modestes, ici même.
L'une de nos tâches, c'est de permettre aux masses dès lors qu'elles se mettent en mouvement, et elles se mettent en mouvement dans bien des pays, et elles se mettront en mouvement ici aussi, d'apprendre à déborder leurs appareils réformistes ou nationalistes, ou tout simplement les hommes qui se sont empressés de se mettre à leur tête.
Car ces gens-là, immanquablement, inévitablement, leur disent à un moment ou à un autre au nom d'un prétendu intérêt supérieur, celui de la nation, de l'économie de la nation, de la religion de la nation, qu'elles doivent rentrer dans le rang, dans le rang de l'ordre bourgeois.
***
La tâche paraît grande, en regard des faibles forces des trotskystes et parmi eux, de ceux qui ont conscience de cette tâche. Mais sa réalisation est peut-être plus proche que jamais. Car les circonstances objectives ne nous sont pas défavorables, bien au contraire. Elles sont au moins aussi favorables qu'elles l'étaient pour Lénine en 1902. Et puis, il y a des circonstances où le problème n'est pas d'être nombreux, mais d'être là, seulement lié à sa classe, et de savoir ce qu'on veut.
[...]
Oui, c'est possible, si nous avons suffisamment confiance en nos propres idées, pour être convaincus comme Marx nous l'a appris, que les idées deviennent des forces quand elles s'emparent des masses. Mais pour qu'une telle réaction en chaîne se produise encore faut-il que ceux qui détiennent ces idées n'y renoncent à aucun prix.
***
Première chose, donc, tenir à nos propres idées, plus qu'à tout :
— Seul le prolétariat peut être l'artisan de la révolution socialiste communiste.
— La classe ouvrière, la classe des prolétaires, celle de ceux qui n'ont rien à perdre, qui n'ont ni patrie, ni propriété à défendre, est la seule classe révolutionnaire jusqu'au bout.
— Le prolétariat devra certes s'allier à d'autres classes sociales pour remporter la victoire, mais il ne devra pas être à leur remorque, même quand il participera à des combats communs.
— La révolution socialiste peut éclater dans un seul pays. Mais aucun pays ne peut vivre par lui-même. Car le rôle historique de la bourgeoisie, son seul rôle progressif en fait, c'est, on le voit encore aujourd'hui, d'avoir créé une économie qui fait éclater les frontières. Et le socialisme qui veut survivre à l'intérieur de certaines frontières, que ce soit celles de l'URSS immense, du continent chinois, ou de la minuscule Cuba, ne peut être qu'un socialisme de la misère et au bout du compte une utopie réactionnaire.
— Cela fait près d'un siècle que le capitalisme arrivé à son stade impérialiste se survit en passant d'une crise à l'autre, d'une guerre mondiale à l'autre, sans résoudre aucune de ses contradictions. Cela fait depuis le début du siècle que la crise du capitalisme est plus ou moins permanente et le monde plus ou moins vivable. Car s'il vaut sans doute mieux vivre aujourd'hui à Berlin qu'à Mexico, entre 1944 et 1945, quand l'aviation alliée bombardait les villes allemandes, il valait sans doute mieux vivre à Mexico qu'à Berlin. Aucun endroit du monde n'est épargné. Même pas ces Iles Malouines, au bout du monde, on l'a vu il n'y a pas si longtemps.
Il n'y a pas d'évasion possible.
— Toutes les revendications prolétariennes restent à l'ordre du jour. Seul le prolétariat mondial sera en mesure de faire sauter les chaînes des frontières nationales.
— Seule une économie planifiée à l'échelle mondiale sur la base de la technologie la plus avancée, permettra à l'Humanité de franchir un nouveau pas dans la maîtrise de son histoire et de son évolution. Cela signifiera une production non pas pour le profit, mais une production pour les besoins dans la limite de ces besoins, en trouvant un équilibre entre les besoins matériels et l'exploitation des ressources naturelles de la planète, tout en permettant enfin l'essor illimité des besoins intellectuels et artistiques de l'en-semble de l'Humanité.
La société impérialiste, elle, n'est capable que de créer une abondance à caractère pathologique à un bout, la misère et le dénuement concentrationnaire à l'autre. On ne peut pas imaginer que l'Humanité puisse continuer à vivre ainsi : avec la famine au Soudan et la jachère en Europe ; avec une saison de sécheresse aux Etats-Unis qui a fait la fortune de quelques exportateurs de blé en Argentine, alors même qu'en Argentine la misère s'installe brutalement avec la nouvelle dévaluation de la monnaie qui suit plusieurs années d'inflation galopante.
Toutes ces inégalités, ces injustices : les restaurants du cœur et la charité pour la recherche médicale, mais les impôts pour fournir des armes lourdes aux dictateurs qui envoient leurs peuples s'entretuer, sans parler de ces frontières nationales qui dans certains endroits font revenir les peuples au Moyen Age, tout cela ne durera pas. Cela ne peut pas durer.
***
Et c'est là où le rôle des individus, de quelques dizaines de milliers d'individus à l'échelle de la planète, peut être déterminant. Car justement, un parti révolutionnaire ne peut pas être un parti de masse. Il ne peut l'être seulement qu'au travers de la révolution. Et en dehors de telles crises révolutionnaires, le rôle des individus, des militants, du volontarisme, est un rôle important, déterminant. Les classes dominantes l'ont su elles qui ont toujours tenté de se protéger de ces minorités révolutionnaires dans les périodes critiques.
Un parti révolutionnaires, une Internationale, c'est cela, une organisation de quelques dizaines de milliers d'individus : pas n'importe qui, des gens qui se sont donné un but véritable dans la vie, en un mot, une organisation qui est capable, quand elle devient une organisation de masse, de vaincre là où d'autres ont dégénéré.
Voilà notre ambition.
Vive l'Internationale du prolétariat !
Vive la IVe Internationale !
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