mardi 10 février 2009

:: La pensée marxiste en ligne [quelques références de base]

La pensée de Marx et d'Engels susciterait de nouveau l'intérêt de ceux et celles qui s'interrogent sur le fonctionnement de notre société. Voici donc toutes les principales ressources en ligne. Que tous les curieux s'y abreuvent sans modération.

:: K. Marx, F. Engels,
L'idéologie allemande (1845) [en ligne]

:: Lénine, L'Etat et la révolution [en ligne], 1917
:: Lénine, Que faire ? [en ligne], 1902

:: L. Trotsky, Leur morale et la nôtre [en ligne]

:: G. Plekhanov, La conception matérialiste de l'histoire [en ligne] 
:: N. I. Boukharine, 
La théorie du matérialisme historique [en ligne]

lundi 2 février 2009

:: Diderot : l’idéalisme est “absurde”

Diderot, à propos de Berkeley :

« On appelle idéalistes ces philosophes qui, n'ayant conscience que de leur existence et des sensations qui se succèdent au-dedans d'eux-mêmes, n'admettent pas autre chose : système extravagant qui ne pouvait, ce me semble, devoir sa naissance qu'à des aveugles ; système qui, à la honte de l'esprit humain et de la philosophie, est le plus difficile à combattre, quoique le plus absurde de tous »

[in Lénine, Matérialisme et empiriocriticisme, 1908]

:: La pensée de l’« homme des lumières »

L’idéaliste est convaincu que les opinions gouvernent le monde. Plekhanov précise, cité par Lénine dans ses Cahiers philosophiques :

"si les « opinions » sont la cause la plus profonde du mouvement social, les circonstances dont dépend l’évolution future de la société se rapportent principalement à l’activité consciente des hommes, la possibilité d’une influence pratique sur cette activité est conditionnée par la plus ou moins grande aptitude à penser logiquement et à assimiler les vérités nouvelles découvertes par la philosophie ou la science. Mais cette capacité dépend elle-même des circonstances. dès lors, l’idéaliste rallié à la vérité matérialiste suivant laquelle le caractère et aussi , bien entendu, les opinions de l’homme dépendent des circonstances, tombe dans un cercle vicieux : les hommes dépendent des circonstance et les circonstances dépendent des opinions. Sur le plan théorique, la pensée de l’ « homme des lumières » ne s’est arrachée à ce cercle vicieux. Dans la pratique, la contradiction était résolue d’habitude par un appel vibrant à tous les esprits pensants, indépendamment des circonstances dans lesquelles ces gens vivaient et agissaient".

[Cahiers philosophiques, 486-487]

dimanche 1 février 2009

:: Grève générale en Guadeloupe, des liens pour comprendre

Conséquence des rapports sociaux de notre époque, on assiste depuis belle lurette à la disparition d’un discours de classe des champs politique et intellectuel. Le champ journalistique n’est évidemment pas épargné : ne vivant pas en autarcie dans quelques sphères miraculeusement indépendantes des rapports de force qui se jouent dans la société, il est donc lui aussi très malade. La preuve en est quotidienne, sur chaque sujet qui touche de près ou de loin les réalités sociales de notre monde. 
Il n'y a donc pas de quoi être surpris de la quasi-absence sur les ondes ou dans la presse d'éclairages pertinents sur la grève générale qui touche la Guadeloupe depuis le 20 janvier. Dans les circonstances actuelles, le public doit donc se contenter du strict minimum : des images inutiles d'un abrutis excédé forçant un barrage routier et/ou les propos, tout aussi inutiles, d'un secrétaire d'Etat aux affaires coloniales. Et cela dans le meilleur des cas seulement : dans la presse de référence, en l’occurrence dans Le Monde du 3 février, pas une ligne sur l’une des plus importantes mobilisations ouvrières de ces dernières décennies.
Oh, bien sûr, on pourrait simplement interpréter ce silence comme la preuve d’une presse résolument placée du côté de l’ordre. Certes. Des journalistes qui nous donnent chaque jour la preuve que leur ignorance crasse ne relève pas simplement de l’abrutissement involontaire mais bien davantage d’un exercice de style consistant à dire le monde ainsi que les puissants veulent l’entendre, de tels cuistres ou fieffées crapules ne manquent pas. Mais cela ne touche, à mon sens, qu’une part minoritaire du champ. Les autres, tout simplement, s’en foutent, ne comprennent pas la lutte des classes ou ont tout bonnement raté l’avion du sous-ministre…

Pour comprendre ce qui se passe en Guadeloupe, je vous donc donne quelques liens. D'abord dans Combat Ouvrier (l'équivalent sur l'île de Lutte ouvrière) dont l'un des principaux militants, Jean-Marie Nomertin, dirige sur place la CGT. Dans cet article, intitulé Le point sur le mouvement, on apprend que : 

  • La grève est totale dans toutes les grandes entreprises. Dans d'autres, plus petites comme certaines compagnies d'assurance ou un peu plus grandes comme la BNP, un certain nombre d'employés ont repris le travail, partiellement ou totalement. Dans les banques, seuls ceux de la BFC autour de la CGTG sont en grève totale et permanente. Dans les autres établissements, certains se remettent en grève ou au travail d'un jour à l'autre.
  • Dans les deux grands centres commerciaux: Carrefour des Abymes et Carrefour de Baie-Mahault, super marchés et boutiques sont fermés pour cause de grève.
  • Les travailleurs de l'EDF sont en grève et procèdent à des coupures tournantes. En gros, deux heures de coupure par jour par rotation géographique. Pour ceux de la Générale des eaux, c'est le même principe qui a été adopté.
  • Les agents hospitaliers qui peuvent difficilement faire une grève effective sont mobilisés. Ils ont dressé une tente devant le CHU de Pointe à Pitre et se rassemblent autour après le service minimum et les obligations imposées par les soins à donner aux malades. Ils sont nombreux à se joindre aux manifestations, nombreux à venir aux meetings.
  • Les journalistes et animateurs de RFO ont rejoint la grève générale depuis trois jours. Les programmes sont perturbés mais les grévistes ont décidé eux-mêmes de retransmettre en direct les négociations à la télévision.
  • Toute la zone dite industrielle de Jarry qui concentre des centaines de petites entreprises et près de 8000 travailleurs est quasi morte. 
  • Les transporteurs aussi sont en grève. Il n'y a pas de transports en commun. De toute façon, aucune station d'essence ne fonctionne. Les travailleurs y sont en grève en une sorte d'alliance tactique avec les gérants des stations services. Personne ne veut l'ouverture de nouvelles stations- service automatisées avec carte de crédit et self service. Les gérants n'en veulent pas en raison de la concurrence et les travailleurs non plus pour éviter la contagion de ce genre de stations et les risques de licenciements progressifs des pompistes et des employés des magasins de ces stations.
  • En Guadeloupe, ce sont encore les pompistes qui font le service d'essence aux conducteurs et cela concerne des centaines de jeunes travailleurs. Ce mouvement des travailleurs des stations service est organisé et tenu particulièrement par le syndicat UTPP-UGTG (Union des travailleurs des produits pétroliers).
    Les lycées, l'université sont fermés sans qu'on sache combien d'enseignants sont réellement en grève, le recteur ayant décidé de fermer les établissements sans attendre les décisions prises par les personnels dans chaque lycée.
  • A l'université Antilles Guyane, les personnels enseignants et ouvriers ont créé un comité de grève. Les examens ont été reportés à une date ultérieure.
  • Les travailleurs municipaux sont en grève dans les grandes villes totalement comme aux Abymes, la plus grande ville de la Guadeloupe ou partiellement. Signalons à Goyave, la grève des municipaux qui est totale depuis déjà plusieurs semaines, bien avant le début de la grève générale. Dans beaucoup de communes, les bureaux sont fermés.
A lire également 
  • sur le site 1000 babords Depuis douze jours en Guadeloupe : grève générale et illimitée"Silence médiatique en métropole !! Depuis douze jours en Guadeloupe une grève générale et illimitée bloque complètement l’île, qui pour info est également un département français. Les magasins, comme les stations essence, ne sont plus ravitaillés. L’administration est en grève, les écoles fermées, des manifestations regroupant entre 40000 et 50000 personnes défilent à Pointe-à-Pitre (l’île compte 400 000 habitants...) et dans les autres communes (Basse-Terre, Le Gosier, ...) depuis le 20 janvier. Il s’agit d’un mouvement social sans précédent !" (...). 
  • Pour compléter, vous trouverez dans Rouge un éditorial de Krivine  et dans LO une série d'articles factuels assez completsGuadeloupe : la grève générale se poursuit et se renforce. [LO]  : "la grève générale se poursuit en Guadeloupe depuis le 20 janvier. Cette grève a été préparée et déclenchée par un collectif d'organisations, au nombre de 49 aujourd'hui, regroupées sous le nom de Lyannaj kont pwofitasyon (liaison contre l'exploitation outrancière). Ces organisations sont syndicales (UGTG, CGTG, CTU, FO, CFDT), politiques avec le Parti Communiste, Combat Ouvrier, l'Alliance nationale Guadeloupe , l'UPLG et d'autres, des unions de producteurs, des transporteurs, le syndicat des pêcheurs et des associations culturelles très populaires en Guadeloupe, dont les groupes Akiyo, Kamodjaka et Voukoum." (...). Guadeloupe - Les trois grands centres de ralliement des grévistes et Guadeloupe - Une négociation animée. Extrait de ce dernier : "Les milliers de gens qui ont suivi ce « débat-négociation » ont été très satisfaits de voir ceux qui les représentent dénoncer avec vigueur et conviction les méfaits des patrons et du capitalisme, dénoncer des marges inexplicables sur les produits, bien au-delà des prétendus frais d'approche dû à notre éloignement de l'Europe. Ils étaient contents de voir dénoncer l'appétit de subventions et de défiscalisations de ces gens-là et leur refus de toute amélioration des salaires des travailleurs, dont un grand nombre vivent avec des emplois précaires, bien au-dessous du smic actuel, et souvent à la limite ou au-dessous du seuil de pauvreté. Les signes d'encouragement et d'adhésion se multiplient dans la population pauvre envers la grève  ! L'attitude pleine de fermeté et de détermination des deux responsables de l'UGTG et de la CGTG exprimait la volonté de milliers de grévistes et de milliers de pauvres qui soutiennent la grève et qui veulent qu'elle tienne bon jusqu'à ce que ce patronat arrogant et méprisant cède sur les revendications de salaire, et que l'État cède sur le problème de l'augmentation du smic conformément au coût de la vie locale".
  • Vous pouvez également prendre connaissance sur le site du syndicat UGTG de la plate forme de revendications -- dans l'Humanité, son dirigeant, Jean-Marie Nomertin (et militant de Combat ouvrier) donne ici un entretien. Dans Rue89, vous pouvez lire un entretien avec un des leaders du mouvement, Elie Domota. Dans L'Humanité encore, quelques articles également sont à lire : La Guadeloupe rassemblée dans la grève générale et   Guadeloupe : la grève générale se poursuitEnfin, une série de reportages vidéos sont visibles sur ce site. 
Dans Combat ouvrier, on apprend que se sera peut-être le tour de la Martinique de rejoindre le mouvement à partir du 5 février. En attendant, en France, les organisations syndicales ont décidé de ne rien faire pour amplifier le mouvement du 29 février. Elles attendent, disent-elles, de voir ce que Sarkozy va dire à la télé, alors qu'elles savent très pertinnement que, quoi que le président jacasse, il s'agira pour le gouvernement, dans le fond, et dans tous les cas, de favoriser le patronat et de faire payer la crise aux travailleurs. Misère...

samedi 17 janvier 2009

:: whostalkin, outil de veille efficace














Depuis une semaine, j'utilise de plus en plus systématiquement Whostalkin, un métamoteur qui effectue ses recherches simultanément sur une quantité de ressources vraiment impressionnante. Principalement, sur toutes les plateformes web 2.0, par exemple Friendfeed et Twitter, mais également sur les forums, les sites d'informations, les communautés de vidéos en lignes les plus connues (Youtude, Dailymotion, etc.), les principaux site de partage de photos (Flickr, Picasa, etc.) et de bookmarks (Delicious, Reddit, etc.). Bref, un outil de veille qui risque bien de devenir vite indispensable et de rendre Google de plus en plus accessoire. A noter toutefois que Whostalkin ne propose pas encore de grandes possibilités de configuration (la présentation des résultats est encore sommaire, le choix des langues n'est pas proposé, etc.), mais parions que cela ne saurait durer...

PS : dans le même genre, mais en beaucoup plus sélectif (mais avec la recherche sur Diigo en plus !), vous pouvez également essayer conversations.net...

jeudi 1 janvier 2009

:: Les avatars de la IVe Internationale après la mort de Trotsky

Après la dissolution de la LCR, quelques rappels historiques (LO, 1988) :

Après la mort de Trotsky, le fil humain reliant les militants de la Quatrième Internationale avec la génération révolutionnaire des années 1920 fut en fait rompu.

En tous cas, les dirigeants de la Quatrième Internationale qui devinrent les exécuteurs testamentaires officiels de Trotsky n'étaient pas en situation de transmettre l'héritage organisationnel et la pratique révolutionnaire des meilleures années de la Troisième Internationale. A plus forte raison de les faire fleurir et fructifier.

Au mieux ceux qui restèrent fidèles jusqu'au bout au trotskysme maintinrent la filiation révolutionnaire théorique, la lettre du programme révolutionnaire. C'est déjà sans doute quelque chose alors que tant d'autres rejetèrent même cela après un temps plus ou moins long. C'est grâce à eux qu'aujourd'hui encore, il y a des militants et des groupes trotskystes, des gens qui se réclament du communisme révolutionnaire et de la révolution prolétarienne dans le monde entier. Mais c'est bien insuffisant pour créer un nouveau parti de la révolution mondiale prolétarienne, but déclaré et raison d'être de la Quatrième Internationale.

Bien sûr, dans les années qui suivirent immédiatement la mort de Trotsky il y eut pour les organisations, pour les militants de la Quatrième Internationale, les difficultés dramatiques dues à la guerre mondiale. Mais

cela n'explique pas tout, et surtout pas l'inefficacité de la Quatrième Internationale dans l'immédiate après-guerre. Car la Quatrième Internationale avait justement été créée en fonction de ces perspectives-là.

Après la mort de Trotsky, l'histoire de la Quatrième Internationale et du mouvement trotskyste est l'histoire d'un courant idéologique qui peut se vanter sans doute d'avoir des partisans sur toute la planète, mais toujours peu nombreux et pratiquement sans poids et sans impact sur la classe ouvrière et le mouvement ouvrier et même presque sans liens avec eux.

C'est ce fossé qui le sépare de la lutte de classe réelle, qui elle évidemment n'a pas cessé même si le courant marxiste révolutionnaire ne comptait pratiquement plus, qui a donné au mouvement trotskyste cette couleur particulière que ses adversaires se sont si souvent et tant plu à souligner pour tenter de démontrer qu'il est dépassé et ne peut plus subsister qu'à l'état de petite secte ridicule et impuissante.

Et c'est vrai que l'histoire de la Quatrième Internationale, que nous ne ferons pas ici dans les détails, pourrait être souvent réduite à une suite de querelles sur des définitions ou des slogans et à une successions de scissions qui réjouissent tant nos adversaires et désolent tout autant nos amis.

Mais c'est que pour des militants qui n'ont ni impact sur la lutte de classe réelle, ni lien avec le mouvement ouvrier réel, la tentation est grande de se payer de mots puisqu'ils sont sevrés d'action. On peut tout dire quand on ne fait rien. Et on peut tout aussi bien se séparer quand on n'a pas plus d'impact ensemble que chacun de son côté.

Mais le pire c'est que, dès que Trotsky eut disparu, les politiques suivies par la IVe Internationale, la plupart de ses groupes nationaux, puis les différentes scissions qui se réclamaient d'elle, n'ont plus été qu'une suite d'errements à la remorque des courants dominants sous prétexte d'efficacité. Ils ont été justifiés de diverses façons, quelquefois présentés comme de simples tactiques, d'autres fois théorisés politiquement.

Mais toutes aboutirent d'une manière ou d'une autre, à abandonner en partie ou en totalité, le principe de la politique communiste révolutionnaire : la nécessité de préserver et de défendre ou même de construire l'indépendance politique et organisationnelle du prolétariat. Et cela quelles que soient par ailleurs les situations politiques diverses et quelles que soient les alliances possibles à court ou à long terme; et, découlant de cela, la nécessité de préserver et de défendre l'indépendance politique et organisationnelle du parti ouvrier révolutionnaire, du parti des communistes prolétariens.

Ce fut au contraire une suite de politiques suivistes vis-à-vis de forces politiques qui ne représentaient pas ou plus la classe ouvrière et qui aboutissaient à aligner non seulement les militants trotskystes derrière ces forces mais aussi à contribuer à imposer la politique anti-prolétarienne de celles-ci à la classe ouvrière.

Ainsi, par exemple, dès la guerre et l'occupation, différents groupes trotskystes français se rangèrent-ils derrière la Résistance, c'est-à-dire derrière les nationalistes staliniens ou gaullistes.

Et quand, vers 1950, Michel Pablo proposait à la IVe Internationale de s'intégrer dans les organisations staliniennes ou social-démocrates, sous prétexte que ce seraient celles-ci qui pouvaient seules jouer un rôle révolutionnaire, même malgré elles, dans les années, dans “les siècles” même qui allaient suivre, écrivait-il, ce n'était pas seulement dû à une brusque panique devant la situation, bien difficile il est vrai, créée aux révolutionnaires par la guerre froide. C'était aussi tout simplement un développement poussé certes vraiment très loin, dans le droit fil des politiques suivistes menées depuis dix ans.

Le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale, et Pablo lui-même d'ailleurs, devaient dans les années suivantes revenir peu à peu sur leur politique et leur théorie outrancières des années 50, mais pas sur la recherche systématique des forces politiques susceptibles de remplacer et le prolétariat révolutionnaire, et le parti communiste révolutionnaire qu'ils renonçaient à créer dans les faits, sinon toujours dans les paroles.

C'est ainsi que les trotskystes ont essayé de prendre le sillage tout à tour, de Tito, de Mao, du - FLN algérien, de Castro, d'HoChiMinh, d'Arafat, de l'ANC sud-africaine ou de Tjibaou. Et nous en passons bien d'autres et qui n'étaient pas des meilleures.

Chacun de ces choix fut en général, reconnaissons-le, combattu par une partie du mouvement trotskyste. Ce sera, hélas, le plus souvent au nom d'un autre choix, pas meilleur et tout aussi opportuniste. A l'exemple des deux fractions du Parti Communiste Internationaliste d'alors, les ancêtres respectifs de la LCR et du PCI d'aujourd'hui, qui, dans les années 50 s'opposaient résolument parce qu'elles avaient choisi d'appuyer, la première le FLN algérien, la seconde son concurrent, le MNA, c'est-à-dire deux mouvements nationalistes qui n'avaient rien, ni l'un, ni l'autre, de socialiste ou de prolétarien.

Le résultat, c'est que cinquante ans après la fondation de la IVe Internationale, son bilan est mince : pas plus d'audience dans la classe ouvrière, pas plus d'impact dans la lutte de classe, des forces pas plus nombreuses, simplement sans doute un peu plus divisées.

Pour ne pas être injuste cependant, et surtout à l'intention de tous ceux qui ricanent au seul mot de trotskysme, il faut quand même rappeler que celui-ci est le seul courant qui se soit maintenu à la gauche du stalinisme.

C'est sans doute une preuve de la validité du programme trotskyste.C'est aussi certainement dû aux qualités de militants qui, malgré des politiques grossièrement erronées et en contradiction avec ces politiques, ont défendu le programme dans des conditions difficiles.

Pour pouvoir mener et défendre librement une politique qui refusait tout compromis sur la question fondamentale de l'indépendance politique et organisationnelle du prolétariat révolutionnaire, Lutte Ouvrière s'est construite indépendamment des diverses organisations se réclamant de la IVe Internationale.

Mais elle s'est construite sur le programme trotskyste. Et elle s'est construite aussi en relation avec le mouvement trotskyste, malgré des divergences profondes avec celui-ci. C'est-à-dire que l'existence de militants et de groupes, en France et dans le monde, qui continuaient à défendre le programme trotskyste, même s'ils menaient par ailleurs une politique en contradiction avec celui-ci, a compté et nous a aidés. Nous le savons et le reconnaissons. C'est pour ces raisons que nous nous rangeons dans le mouvement trotskyste, que nous nous en sentons pleinement solidaires malgré ce que nous considérons comme ses faiblesses.

C'est pour ces raisons que nous sommes trotskystes, pleinement et sans réserve.

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[ Extrait du CLT 27, “50 ans après la fondation de la IVe Internationale. Quelle perspective pour les militants révolutionnaires internationalistes ?” (septembre 1988)]

vendredi 28 novembre 2008

:: “Il n’y a pas d’évasion possible”

Extrait du l'exposé du Cercle Léon Trotsky n° 27 du 30 septembre 1988 : “50 ans après la fondation de la IVe Internationale. Quelles perspectives pour les militants révolutionnaires internationalistes ?” [extrait proposé par le Forum des Amis de Lutte Ouvrière]

C'est à nous, trotskystes, tels que nous sommes, autant que nous sommes aujourd'hui, que revient la tâche de faire retraverser aux vieilles expériences révolutionnaires, c'est-à-dire au savoir-faire prolétarien et internationaliste, le no-man's land entre les générations militantes, pour permettre enfin au mouvement ouvrier mondial de redémarrer sur des bases politiques supérieures à celles des années 30.

Une gageure ? Oui, sans doute. Comme toutes les entreprises humaines qui valent la peine qu'on se batte pour elles. Mais une gageure en effet. Car cet héritage politique que nous a légué Trotsky avant son assassinat et dans lequel les différents groupes trotskystes ont puisé plus ou moins partiellement, n'est pas simplement une doctrine ou un programme de formules toutes faites à adapter au goût du jour.

Le bolchévisme, disait Trotsky pour son propre compte, «n'est pas une doctrine, mais un système d'éducation révolutionnaire pour l'accomplissement de la révolution prolétarienne». Nous pouvons en dire tout autant du trotskysme.

Et toute la question est là : nous, les trotskystes, aurons-nous la volonté, l'âpreté, l'audace intellectuelle et politique et l'acharnement humain pour retrouver, pour réinventer dans l'action militante et l'action révolutionnaire, ce système d'éducation révolutionnaire dont parlait Trotsky, afin de le communiquer à toute la génération combattante qui surgit aujourd'hui dans les rangs des opprimés ?

Un défi à relever

Voilà le défi que nous, révolutionnaires internationalistes actuels, avons à relever : enflammer pour nos idées internationalistes toute cette génération combattante, qui malgré l'épreuve de l'histoire et des révolutions nationales fourvoyées, a acquis artificiellement une nouvelle tradition selon laquelle le nationalisme serait progressif.

:: Tweet Grid ou la veille grâce à Twitter

Grâce à un système de visualisation paramétrable en multi-fenêtres (1, 3, 6 ou 9 fenêtres, verticales ou horizontales), Tweet Grid offre la possibilité de surveiller en temps réel et simultanément (et selon la langue de votre choix) toutes les discussions sur Twitter se rapportant à vos thèmes ou mots clés préférés. 
Petits détails qui ont leur importance : vous pouvez évidemment twitter directement sur Tweet Grid et faire connaitre votre veille à tous vos followers.
Au final, un outil de veille assez impressionnant qui donne peut-être une idée de ce à quoi pourrait ressembler nos médias de demain...